Dans les rangs, la mesure est perçue comme un signal fort. De nombreux agents étaient restés bloqués au même grade malgré des années de service, souvent accomplies dans des conditions difficiles. Selon des sources internes, il s’agit principalement de dossiers gelés depuis plus d’une décennie, une situation qui avait fini par générer frustration et démotivation au sein des unités opérationnelles. « Ce n’est pas qu’une simple formalité administrative. Cette décision redonne de la motivation, de la dignité et de l’engagement à des hommes et femmes qui sécurisent quotidiennement la population », explique un officier sous couvert d’anonymat. Pour beaucoup, cette régularisation marque une volonté de rendre plus crédible la gestion des carrières, longtemps critiquée pour sa lenteur et ses blocages internes.

Reste un point crucial : la mise à jour effective des grades dans le système de paie. D’après plusieurs témoignages, la dernière revalorisation salariale liée aux promotions remonte à plus de dix ans. Résultat : certains policiers portent déjà leurs nouveaux galons, mais continuent de toucher le salaire correspondant à leur ancien grade. « L’avancement doit se traduire concrètement dans les conditions de vie. Aujourd’hui, beaucoup ont changé de grade sur le papier, mais rien n’a bougé sur leur bulletin de paie », confie une source sécuritaire.

Malgré cela, les efforts de Jacquemain Shabani sont salués. Avoir débloqué un dossier qui résistait depuis plus de douze ans est considéré comme une avancée majeure, d’autant que les sous-officiers avaient souvent l’impression que leurs revendications passaient après celles des officiers supérieurs. Dans un secteur marqué par les retards administratifs, les salaires faibles et le manque de moyens, ces mesures apparaissent comme un premier pas face aux attentes récurrentes des forces de l’ordre.

Pour les analystes, la question de la motivation reste centrale. Tant que les problèmes de rémunération, d’équipement, de logement et d’évolution de carrière ne seront pas traités en profondeur, les policiers et militaires continueront de dénoncer des conditions de travail précaires.