Le problème ne se résume pas aux infrastructures ou à la sécurité. Le déficit majeur, c’est la visibilité. On ne réserve pas un billet pour un pays qu’on ne visualise pas comme destination. Or la Coupe du monde 2026 offre exactement ce qui manque au tourisme congolais : l’attention planétaire.

Pendant quelques semaines, des centaines de millions de téléspectateurs verront le nom “Congo”, son drapeau, ses Léopards. Dans ce public mondial : de futurs touristes, des investisseurs hôteliers, des tour-opérateurs, et une diaspora africaine en quête de nouvelles escales. La question est brutale : qu’auront-ils à découvrir du Congo au-delà du football ? Si la réponse est “rien”, l’occasion historique sera ratée.

Le gouvernement doit agir maintenant. Transformer cette visibilité sportive en envie de voyage : spots TV pendant les retransmissions, campagnes digitales ciblées sur l’Amérique du Nord et latine, valorisation de Kinshasa, Lubumbashi, Goma, Boma, Matadi, Kisangani... L’objectif est de montrer un autre Congo, loin des clichés.

Car les atouts existent. Ce qui manque, c’est le marketing. Le fleuve Congo, les Virunga, le Kongo Central, la rumba, la diversité culturelle, l’hospitalité : des richesses touristiques de premier ordre. Mais elles restent invisibles à l’international.

Le Mondial 2026, c’est plus qu’un tournoi. C’est sans doute la plus grande campagne de promotion que la RDC n’aura jamais à acheter. À condition de comprendre que les 90 minutes ne sont qu’un tremplin. Le vrai but : capter un public qui voyage ailleurs aujourd’hui, simplement parce qu’il ignore le Congo.

Dans quelques années, on retiendra les scores des Léopards. Les économistes retiendront autre chose : la RDC a-t-elle utilisé la Coupe du monde pour attirer le monde chez elle, ou s’est-elle contentée de regarder passer l’occasion ?