Cette rencontre s’est tenue il y a quelques semaines, dans le cadre d’activités du PPRD et de ses relais en Europe. Elle intervient alors que le débat sur une possible révision de la Constitution congolaise s’intensifie, sur fond de tensions entre pouvoir et opposition, et de détérioration de la sécurité dans l’Est du pays.

Pendant la conférence, Louis Michel s’est opposé à toute modification constitutionnelle, estimant qu’« on ne change pas la Constitution en cours de partie ». Il a aussi dénoncé le traitement réservé à certains opposants, en prenant l’exemple de Moïse Katumbi : « Dans un pays qui se dit démocratique, quelqu’un comme lui peine encore à obtenir un passeport ».

L’ex-diplomate a également émis des doutes sur les accords internationaux portant sur les ressources naturelles congolaises, en référence aux discussions en cours entre Kinshasa et Washington sur les minerais stratégiques. « Un accord payé par l’accès aux richesses naturelles n’est pas un bon accord », a-t-il déclaré. Il a ajouté qu’« il est inacceptable qu’un des pays les plus riches au monde compte parmi les populations les plus pauvres ». Au-delà du fond, c’est surtout le contexte de ces déclarations qui suscite le débat.

Pendant la présidence de Joseph Kabila, Louis Michel était vu par une large partie de l’opinion congolaise comme l’un des soutiens occidentaux les plus proches du régime. Son nom reste associé à la période politique qui a permis à Kabila de rester au pouvoir pendant près de 20 ans, marquée par des reports d’élections, des accusations de répression contre l’opposition, l’emprisonnement de voix dissidentes et la persistance des conflits armés à l’Est.

Le fait que ses propos aient été tenus lors d’une conférence du PPRD renforce la polémique. Le parti de Joseph Kabila est toujours accusé par ses opposants d’avoir instauré un système de gouvernance opaque et autoritaire.

Ces déclarations interviennent dans un climat régional tendu. Joseph Kabila et plusieurs proches sont aujourd’hui mis en cause dans le débat public congolais pour leurs liens supposés avec l’évolution de la situation sécuritaire à l’Est. Récemment, les États-Unis ont sanctionné plusieurs acteurs soupçonnés de soutenir le M23, un mouvement que Kinshasa et plusieurs rapports internationaux accusent d’être appuyé par Kigali.

Dans ce contexte, certains voient dans les propos de Louis Michel une défense des principes démocratiques. D’autres estiment qu’ils restent indissociables de sa longue proximité politique avec l’ancien régime congolais.