On peut notamment y lire : « Ce que le régime de tes frères du Kasaï a fait subir au Président National et au Parti est cruel ». Dans un autre message, l’auteur poursuit : « Le régime du Kasaï a humilié non seulement le PN, mais aussi sa famille biologique. On ne vous pardonnera jamais. »

Les échanges reviennent également sur l’alliance scellée entre Vital Kamerhe et Félix Tshisekedi en 2018. Selon l’auteur des messages, après « la déception du choix de Genève », le soutien apporté au candidat de l’UDPS aurait été consenti « à contre-cœur par de nombreux kamerhistes ». Il conclut : « Aujourd’hui, le fruit n’est pas salé, mais amer ».

Un malaise paradoxal

Une amertume qui peut surprendre, compte tenu du poids de l’UNC sous la présidence Tshisekedi. Le parti de Vital Kamerhe compte parmi les principales formations bénéficiaires de la coalition au pouvoir, avec plusieurs de ses cadres nommés au gouvernement et à la tête d’entreprises publiques. Et après Vital Kamerhe lui-même, l’UNC conserve la présidence de l’Assemblée nationale avec Aimé Boji Sangara.

Si ces captures ne sauraient à elles seules refléter la position officielle de l’UNC et ne permettent pas d’attribuer ces propos à Vital Kamerhe en personne, elles révèlent néanmoins l’existence d’un discours ouvertement hostile au pouvoir et d’un tribalisme à peine voilé dans certains milieux kamerhistes.

Surtout, le recours aux formules « régime du Kasaï » et « tes frères du Kasaï » fait glisser un désaccord qui devrait rester politique vers une dimension régionaliste particulièrement préoccupante.

Dès lors, une question se pose : malgré les nombreux postes obtenus au sein de l’appareil de l’État, jusqu’où s’étend réellement le malaise entre la base kamerhiste et son allié de l’UDPS ?