Loin des bureaux de Kinshasa, le ministre a pris la tête d’une « caravane infrastructurelle » qui traverse plusieurs provinces du pays. Du Kwango au Kasaï, en passant par le Kwilu et le Kasaï-Central, cette mission se veut autant un exercice de contrôle qu’un signal politique : celui d’un État qui entend suivre de près l’évolution de ses grands chantiers.

-Au chevet des infrastructures du Kwango-

Première escale à Kenge, dans le Kwango, où les phénomènes d’érosion constituent l’une des principales menaces pour les infrastructures routières et les habitations.

À Masikita, où un ravin de grande ampleur continue de progresser, John Banza a ordonné un renforcement du financement des travaux engagés par le gouvernement central. Même détermination sur le site de Forage, long de 920 mètres et marqué par cinq têtes d’érosion actives, où le ministre a exigé un démarrage rapide des interventions pour éviter une aggravation de la situation.

À Kenge, les travaux de stabilisation financés par le Fonds national d’entretien routier (FONER) se poursuivent. Le ministre a assuré les populations de la poursuite des efforts pour contenir durablement les érosions qui fragilisent plusieurs localités de la province.

-Le Kwilu, vaste chantier de désenclavement-

Dans le Kwilu, la tournée a permis de faire le point sur plusieurs projets structurants en cours d’exécution.

Sur l’axe Petit Kasaï-Bulungu, les travaux avancent progressivement. Ce projet prévoit l’aménagement de 60 kilomètres jusqu’à Gungu ainsi qu’une extension vers l’hôpital de Vanga avant la phase de bitumage. À Masamuna, le ministre a également attiré l’attention sur les difficultés rencontrées par les usagers et insisté sur la nécessité d’améliorer les conditions de circulation.

À Kikwit, il a inspecté plusieurs sites affectés par l’érosion et visité l’Hôpital général en pleine réhabilitation. L’établissement bénéficie d’importants travaux de modernisation destinés à accroître sa capacité d’accueil et à améliorer la qualité des soins.

La mission s’est ensuite poursuivie vers Gungu et Idiofa, où plusieurs routes stratégiques sont en cours de stabilisation avant leur asphaltage. Parmi elles figurent les axes Gungu-Kakobola et Ingudi-Idiofa-Ilebo, considérés comme essentiels pour le développement économique de cette partie du pays.

“Le Kwilu est aujourd’hui un immense chantier. Le gouvernement investit massivement pour reconnecter les territoires et stimuler l’économie locale”, a déclaré John Banza.

-Tshikapa face à ses urgences infrastructurelles-

À Tshikapa, chef-lieu de la province du Kasaï, la question des infrastructures a dominé les échanges entre le ministre et les autorités provinciales.

Le gouverneur Crispin Mukendi Bukasa a notamment insisté sur trois dossiers jugés prioritaires : les retards observés sur certains travaux routiers, l’état préoccupant de la voirie urbaine et le chantier de l’aéroport national de Tshikapa.

Sur ce dernier dossier, le gouvernement a annoncé un changement majeur. Après la résiliation du contrat de l’entreprise Horizon Corporation pour non-respect de ses engagements, le projet a été confié à la société chinoise SISC SA, déjà mobilisée sur le terrain. Les autorités assurent vouloir accélérer les travaux afin de doter la province d’une infrastructure aéroportuaire moderne.

-Une tournée sous le signe de la redevabilité-

Au-delà de l’inspection des ouvrages, cette mission vise également à évaluer les performances des entreprises engagées sur les différents chantiers et à identifier les blocages qui ralentissent leur exécution.

À Kananga, nouvelle étape de son périple, John Banza a poursuivi ses visites sur plusieurs sites stratégiques, notamment l’aéroport en modernisation et les projets de voirie urbaine. La route Kalamba-Mbuji, corridor commercial reliant la RDC à l’Angola et à l’Afrique australe, figure également parmi les infrastructures suivies de près par le gouvernement.

À mi-parcours de son mandat, l’exécutif joue une part importante de sa crédibilité sur la concrétisation de ces projets. Pour John Banza, le pari dépasse la simple réhabilitation des routes : il s’agit de renforcer l’unité territoriale, de faciliter les échanges économiques et de rapprocher les provinces à travers un réseau routier moderne et fonctionnel.

Le défi est immense, mais l’ambition affichée est claire : faire de la RN1 le symbole d’un Congo davantage connecté à lui-même.