Mais quelque chose est peut-être en train de changer. Le choix de Jorthy Mokio en faveur de la RDC dépasse largement le cadre d’une simple sélection nationale. Car Mokio n’est pas un joueur ordinaire. La Belgique voyait en lui l’un des grands visages de sa future génération. Formé dans l’un des meilleurs environnements footballistiques européens, passé par les équipes nationales belges et aujourd’hui à l’Ajax Amsterdam, il avait pratiquement toutes les cartes pour poursuivre avec les Diables Rouges.

Et pourtant, il choisit les Léopards. Ce choix dit énormément de l’évolution actuelle du football congolais. Il montre qu’aujourd’hui, certains jeunes talents de la diaspora ne regardent plus seulement la RDC avec émotion ou nostalgie familiale, mais aussi avec ambition sportive. La sélection congolaise commence progressivement à devenir un véritable projet crédible.

Ce changement ne tombe pas du ciel. Depuis plusieurs années, un travail discret mais profond semble être mené autour des binationaux. Les dossiers sont suivis plus tôt, les contacts sont maintenus, le discours sportif est devenu plus cohérent et surtout, les joueurs voient désormais une équipe capable de rivaliser au plus haut niveau africain.

Les arrivées récentes de jeunes profils issus du football belge comme Epolo ou Goykens vont dans cette direction. Et derrière eux, d’autres noms continuent d’être suivis en France, en Belgique, aux Pays-Bas ou en Angleterre.

La réalité est simple : la diaspora congolaise est probablement l’une des plus riches d’Afrique en matière de talents footballistiques. Défenseurs, milieux, attaquants, gardiens, la RDC possède à travers l’Europe un vivier immense. Pendant longtemps, ce potentiel profitait surtout aux autres nations. Aujourd’hui, les Léopards commencent enfin à récupérer une partie de cette richesse.

Et quand on imagine ce que pourrait devenir cette sélection avec une intégration réussie de plusieurs binationaux de haut niveau, le potentiel devient impressionnant. Une équipe mêlant l’expérience de Chancel Mbemba, Yoane Wissa ou Aaron Wan-Bissaka à la nouvelle génération issue des meilleurs centres européens pourrait rapidement devenir l’une des sélections les plus compétitives du continent.

Car contrairement à une idée souvent répétée, les joueurs binationaux ne choisissent pas uniquement le confort ou les grandes nations européennes. Ils choisissent aussi un projet, une vision, une ambition et parfois une identité.

Le dossier Mokio rappelle donc une chose essentielle : lorsque la RDC devient organisée, ambitieuse et crédible, elle redevient naturellement attractive. Et si ce travail de fond continue, les Léopards pourraient bientôt disposer de l’une des générations les plus talentueuses de leur histoire.