Mais derrière cet objectif d’assainissement se pose une question de fond : comment concilier la nécessité d’assainir la ville avec la réalité sociale des Kinois ? Pour beaucoup d’habitants, ces constructions ne sont pas seulement un “problème” à effacer. Elles représentent aussi un moyen de subsistance et un ancrage dans le quotidien.

De ce fait, l’approche ne peut pas se limiter à un traitement technique ou administratif. Il faut mesurer l’impact concret de ces démolitions : accroissement de la précarité, perte de logements et de lieux d’activité, déplacements forcés, et aggravation des difficultés déjà visibles dans les quartiers.

La tension à Kapela se joue donc entre l’urgence de rendre la ville plus propre et l’exigence de justice sociale. Pour que l’opération tienne, chaque démolition devrait s’accompagner de mesures concrètes : proposer des solutions de relogement, accompagner les populations concernées et ouvrir un véritable dialogue avec les communautés. Sans cela, l’assainissement risque de se transformer en exclusion.