Les rues de Kolwezi connaissent de nouvelles perturbations. Ce lundi 26 octobre, des creuseurs artisanaux sont de nouveau descendus dans la rue pour réclamer la réouverture des comptoirs d'achat et des unités de traitement. Certains contestent également leur obligation de passer par le Centre de négoce de Musompo pour vendre leur production. Des barricades, des pneus brûlés et des fermetures de commerces ont été signalés dans plusieurs quartiers.

Extraire ne suffit plus pour vivre

Derrière cette mobilisation se trouve une difficulté concrète : pour les exploitants artisanaux, extraire le minerai ne garantit pas de pouvoir le vendre. Les contrôles menés dans le secteur ont ravivé les inquiétudes de ceux qui dépendent directement de cette activité pour vivre. Les creuseurs dénoncent des restrictions qui, selon eux, compliquent l'écoulement de leur production et menacent leurs revenus.

Les autorités, de leur côté, défendent une démarche d'assainissement du secteur. La gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka Saïni, a affirmé qu'aucune unité de traitement n'avait été fermée et appelé les exploitants à commercialiser leurs minerais par l'intermédiaire de coopératives reconnues par l'État. L'enjeu consiste notamment à faire respecter les circuits légaux d'achat et à mieux encadrer les acteurs intervenant dans la chaîne minière.

Toutefois, les explications officielles n'ont pas suffi à dissiper les tensions. Le dossier du site de Kamilombe illustre également les difficultés liées à l'accès aux espaces d'exploitation artisanale. Les promesses de zones dédiées aux creuseurs, dont 33 zones d'exploitation artisanale revendiquées dans la province, restent au centre des attentes. Pour les exploitants, la question ne se limite donc pas aux comptoirs : elle concerne aussi les lieux où ils peuvent légalement travailler et les conditions dans lesquelles ils pourront écouler leur production.

La dégradation de la situation sécuritaire ajoute une autre dimension à la crise. Dans un communiqué publié le 26 octobre, l'organisation IPDHOR a fait état de plusieurs morts, de plus de vingt blessés et de plus de soixante arrestations depuis le début des violences. Ce bilan n'a pas été confirmé de manière indépendante. L'organisation réclame notamment une communication officielle détaillée et des enquêtes indépendantes pour établir les circonstances des incidents et les responsabilités éventuelles.

Dès lors, la sortie de crise dépendra autant du rétablissement de l'ordre que de réponses concrètes aux difficultés soulevées par les creuseurs. Le contrôle du secteur minier ne peut produire les résultats attendus si les mécanismes de vente, l'accès aux sites et les engagements pris envers les exploitants restent contestés. À Kolwezi, l'enjeu est de concilier le respect de la réglementation minière avec les moyens de subsistance des creuseurs artisanaux, afin que l'encadrement du secteur ne se traduise pas par une précarisation accrue de ceux qui en dépendent.