Portée par Grâce Kutino, ministre de la Jeunesse et de l’Éveil patriotique, la campagne a franchi une nouvelle étape avec ce défilé dans les rues de la capitale. Officiellement destinée à soutenir une révision de la Constitution, l’initiative a réuni plusieurs centaines de personnes, dont une grande majorité portait des polos rouges.

Sur le terrain, le cortège s’est révélé plus hétérogène que prévu. Des adultes et des aînés marchaient aux côtés des jeunes. Ces images intergénérationnelles ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux et attiré les commentaires.

Cette mixité n’est pas en soi une incohérence. Un débat institutionnel concerne l’ensemble des citoyens, et une réforme constitutionnelle ne se limite pas à une génération. Mais en l’ayant baptisée « Marche de la Jeunesse », les organisateurs ont mis la jeunesse au centre du récit, ce qui rend la composition du défilé particulièrement commentée.

Parmi les participants figuraient également des « wewas », conducteurs de motos-taxis, et d’autres catégories sociales. La mobilisation affichait donc une double diversité, à la fois générationnelle et sociale.

Dans le discours politique, la jeunesse est souvent présentée comme le visage de l’avenir, de l’innovation et du renouveau de la gouvernance. Dans la réalité, elle est loin d’être uniforme. Étudiants, jeunes travailleurs, entrepreneurs, acteurs associatifs ou militants politiques n’ont pas forcément les mêmes priorités ni la même lecture des enjeux.

La présence d’aînés montre qu’une campagne adressée à la jeunesse peut aussi toucher un public plus large. Cela ne remet pas en cause l’engagement des jeunes, mais cela nuance l’idée d’une mobilisation portée exclusivement par eux.

En parallèle des images, des rumeurs ont circulé sur les réseaux sociaux, évoquant le versement de primes de 10 000 francs congolais à certains participants.

À ce stade, ces informations ne sont pas documentées et restent de simples allégations. Leur diffusion traduit néanmoins les interrogations sur les modalités de mobilisation.

« Oui, je le veux » dépasse la jeunesse et entre dans l’arène constitutionnelle

Au-delà de ces controverses, « Oui, je le veux » s’impose peu à peu dans le débat public. En plaçant la jeunesse au cœur de son argumentaire, la campagne veut faire de cette catégorie un acteur de la réflexion sur l’avenir institutionnel du pays.

La marche du 12 août aura donc donné l’image d’une mobilisation à profils multiples : une jeunesse bien visible, mais entourée de plusieurs générations de Congolais. Une réalité qui élargit la portée de l’événement au-delà de son intitulé.

Entre stratégie de communication, mobilisation populaire et participation citoyenne, le mouvement devra désormais trouver sa place dans un débat constitutionnel qui concerne toute la société congolaise.