La République démocratique du Congo occupe une place particulière dans ce dispositif. Anthropic affirme avoir identifié 318 articles consacrés à la RDC, dont la tonalité était généralement favorable aux positions de Kinshasa, notamment dans le contexte des tensions persistantes avec le Rwanda.

L’entreprise évoque la possibilité que cette activité ait été menée pour le compte d’un ou plusieurs clients ayant des intérêts liés au conflit entre les deux pays. Elle précise toutefois ne pas avoir identifié les véritables commanditaires et n’avoir découvert aucune preuve permettant d’attribuer l’opération à un gouvernement.

Cette nuance est essentielle. Le fait que les contenus diffusés soient favorables à Kinshasa ne suffit pas à établir qu’ils ont été commandés ou financés par les autorités congolaises. Le rapport souligne d’ailleurs que le réseau était susceptible d’adapter ses positions politiques en fonction des intérêts de ses clients.

Une autre question mérite néanmoins d’être soulevée au regard des relations d’Anthropic avec le Rwanda. L’entreprise entretient depuis 2025 une coopération avec Kigali et a signé, en février 2026, un accord de trois ans avec le gouvernement rwandais portant notamment sur le développement de l’intelligence artificielle dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de l’administration publique.

Ce partenariat ne constitue, en lui-même, aucun élément permettant de conclure à une quelconque influence de Kigali sur l’enquête ou sur les conclusions du rapport. Il rend toutefois la question de la transparence particulièrement importante. Pourquoi l’orientation favorable à Kinshasa des contenus identifiés est-elle autant mise en avant alors que l’identité de ceux qui les ont financés demeure inconnue ?

En définitive, le rapport d’Anthropic établit l’existence d’une opération d’influence numérique ayant notamment porté sur la RDC dans le contexte du conflit avec le Rwanda. Mais il ne permet ni d’en attribuer la responsabilité à Kinshasa, ni de disculper définitivement Kigali.

Une interrogation demeure donc au cœur du dossier : qui a réellement financé les 318 articles consacrés à la RDC ?