Devant les militants réunis au siège du parti, Augustin Kabuya a présenté plusieurs membres de la communauté Banyamulenge affiliés à l'UDPS, dont un député national élu sous les couleurs du parti.

Invité à prendre la parole, ce dernier a dénoncé les propos de Martin Fayulu et a défendu l'ancrage des Banyamulenge au sein de la nation congolaise.

Cette prise de position intervient dans un climat très sensible. En s'interrogeant publiquement sur l'histoire et l'identité des Banyamulenge, Martin Fayulu a déclenché une vive polémique. Si ses déclarations ont été fermement condamnées par plusieurs personnalités, dont Azarias Ruberwa, d'autres estiment que les questions historiques qu'il soulève devraient pouvoir être débattues sans être automatiquement interprétées comme une remise en cause de la citoyenneté.

En mettant en avant ses propres cadres issus de cette communauté, l'UDPS envoie un signal politique clair : au sein du parti au pouvoir, la nationalité congolaise des Banyamulenge n'est pas sujette à discussion.

Une ligne qui fait écho à celle du président Félix Tshisekedi, qui s'est à plusieurs reprises prononcé contre tout discours remettant en cause collectivement la nationalité de communautés établies en RDC.

Au-delà de la réaction politique, l'affaire Fayulu soulève une question de fond. Peut-on dissocier le débat historique - sur les migrations, les origines et l'évolution du terme « Banyamulenge » - de la question juridique de la nationalité de ceux qui composent aujourd'hui cette communauté ?

Les deux registres ne se confondent pas nécessairement. Être Congolais aujourd'hui n'empêche pas le travail des historiens sur les conditions, les dates et les circonstances d'installation des différentes populations sur le territoire actuel de la RDC.

Tout l'enjeu est donc de préserver un espace pour le débat historique, sans en faire un outil de contestation collective de la citoyenneté, et sans qualifier systématiquement toute interrogation historique de discours de haine.

Avec la sortie d'Augustin Kabuya, l'UDPS a en tout cas clarifié sa position dans cette polémique : pour le parti présidentiel, les Banyamulenge sont Congolais.