Au cœur de la controverse figure une déclaration du secrétaire général de la CENCO affirmant que la République démocratique du Congo aurait “certifié plus de mille morts d’Ebola”. Un chiffre qui paraît largement supérieur aux données officiellement disponibles à ce jour et qui n’a, pour l’instant, fait l’objet d’aucune précision ou rectification publique.

Cette sortie intervient dans un contexte où d’autres déclarations de responsables de la CENCO ont déjà suscité des débats. Lors de récentes manifestations, l’Église catholique avait notamment évoqué l’existence de victimes dont le nombre, voire la réalité, avait été contesté par certains observateurs en raison de l’absence d’éléments probants rendus publics.

Pris séparément, ces épisodes peuvent être interprétés comme des erreurs d’appréciation, des informations incomplètes ou des divergences dans les sources consultées. Toutefois, leur récurrence alimente les interrogations sur la fiabilité des affirmations avancées par une institution dont la parole bénéficie traditionnellement d’une forte crédibilité auprès de l’opinion.

La question ne porte pas sur le droit de la CENCO à s’exprimer sur la gestion des affaires publiques, un rôle qu’elle assume régulièrement au nom de sa mission citoyenne et morale. Elle concerne plutôt l’exigence de rigueur qui accompagne toute prise de parole publique, particulièrement lorsqu’elle repose sur des données chiffrées ou des faits sensibles.

Longtemps perçue comme une voix morale au-dessus des clivages politiques, la CENCO tire une grande partie de son influence de la confiance que lui accordent les Congolais. Cette position exige que chaque déclaration soit solidement étayée et facilement vérifiable.

En avançant des chiffres ou des informations contestés, le risque est de déplacer le débat du fond vers la crédibilité même de ceux qui les portent. Dans un climat marqué par les tensions politiques et la méfiance envers les institutions, la qualité du débat public repose avant tout sur le respect des faits.
Une exigence qui s’impose à tous les acteurs de la vie nationale, y compris aux autorités religieuses.